Position sur les centres de détention pour « le traitement de la toxicomanie »
Position sur les centres de détention pour « le traitement de la toxicomanie »
Dimanche, 02 Mai 2010 22:42
Il est bien reconnu que le transfert de sang par le partage de matériel d’injection de drogue accroît le risque d’infection par le VIH. Sur un nombre de consommateurs de drogues injectables estimé à 16 millions de par le monde, trois millions vivent avec le VIH.
La réduction du risque dans la consommation de drogues injectables est une mesure essentielle de prévention du VIH. Les personnes consommatrices de drogues injectables sont donc des partenaires cruciaux dans l’élaboration de ripostes efficaces au VIH.
La croissance du phénomène de détention de personnes pour traitement de toxicomanie, en particulier dans la région de l’Asie Pacifique est une grande préoccupation pour GNP+ et INPUD. En général, la détention accroît le risque d’infection par le VIH et d’autres virus transmissibles par le sang et complique ou rend impossible la prise en charge efficace du traitement, des soins et soutien du VIH[2]. Les centres de détention pour le soi-disant traitement de la toxicomanie (centres de détention) font courir aux détenus des risques élevés d’infection par le VIH et d’autres maladies. Dans de nombreux cas, la détention dans ces centres provoque des interruptions ou la suspension du traitement, des soins et soutien du VIH qui sont d’importance vitale. L’INPUD considère la prolifération de ces centres de détention comme un affront aux consommateurs de drogue et appelle à mettre fin à cet outrage.
La manière la plus motivée et la plus efficace de réduire ces risques est d’éviter de détenir de force les personnes dans ces centres, pour commencer. Les systèmes qui détiennent de force, effectivement et en masse, les personnes consommatrices de drogues au nom du traitement de la toxicomanie, violent les droits humains internationaux et cela ne repose sur aucune preuve scientifique ni aucune norme internationale se rapportant au traitement efficace de la dépendance à la drogue. Comme pour toute procédure médicale, le traitement de la dépendance à la drogue ne doit pas être imposé aux patients. Le recours à la détention ou au travail forcé comme traitement de la toxicomanie ne repose sur aucune base scientifique.
Les lois et les politiques de protection des personnes vivant avec le VIH et des personnes les plus à risque d’infection sont essentielles dans la promotion d’une prévention, d’un traitement, de soins et soutien de VIH efficaces pour les consommateurs de drogues injectables. Les droits humains concernant une application régulière de la loi, l’absence de détention arbitraire et des services de santé médicalement et déontologiquement acceptables, sur une base volontaire, sont les moyens les plus efficaces de prévenir le VIH et d’autres maladies.
GNP+ et l’INPUD soutiennent la fermeture immédiate de ces centres de détention. Les deux réseaux invitent instamment les gouvernements et les décideurs à étendre l’accès à un traitement de la dépendance à la drogue à base communautaire, volontaire et à s’assurer que ce traitement est médicalement approprié et conforme aux normes internationales. Le cadre juridique portant établissement des services de traitement de la dépendance à la drogue devrait être en conformité totale avec les droits humains internationaux. Les gouvernements et les décideurs devraient œuvrer avec les professionnels de la santé et les partenaires des ONG à créer des environnements qui réduisent la vulnérabilité des personnes à la consommation de drogues injectables et, par conséquent, à l’infection à VIH.


